Vision atrabilaire
En assistant au spectacle "une maison de poupée", j'ai été frappée par l'aspect désuet du texte et du thème.
Je tiens à préciser qu'il ne s'agit pas d'un point de vue féministe, qui ne me concerne pas du tout.
La thèse me paraît anachronique, peut-être avait-elle un sens fin du XIXème siècle et début du XXème siècle ?
Je schématise : une femme aimante présentée comme infantile, versatile, superficielle, un mari conventionnel, soucieux de réussite sociale, préoccupé par son travail, un subalterne humilié auquel est offerte la possibilité d'une revanche, une amie dévouée qui va être la salvatrice, une "faute" légère pour Nora, puisqu'elle est dictée par l'amour sans se préoccuper des conséquences, ce qui est inadmissible pour son mari, preuve de la légéreté de sa femme-enfant. Autrement dit , la confrontation entre la liberté de l'amour et le sérieux des affaires d'argent qui fonde la réputation. La mise en scène très classique épouse le texte, sans innovation majeure. Pouvait-il en être autrement ? Le jeu des acteurs ne réserve pas de surprise. L'écervelée Nora en fait beaucoup, à la limite de l'hystérie.
L'omniprésence de la boîte aux lettres m'a paru trop pesante, comme si nous ne pouvions pas saisir, sans la voir, son enjeu et la "tragédie" qui pouvait en découler.
Inutile de mentionner que je suis restée extérieure à cette mise en scène ou plutôt à la thématique de cette pièce.
Chantal Cazamian
Participante à l'atelier de critique théâtrale autour du spectacle "Une maison de poupée" samedi 28 novembre 2009