Les macarons plein la bouche
À première vue, « Une Maison de Poupée » semble parler de conflits que ne nous regardent plus : une femme dépendant financièrement de son mari, comme l'étaient toutes les femmes de l'époque, se sacrifie par amour : elle finance le voyage de guérison du père de ses enfants avec son propre argent, fruit de ses petits efforts. Elle est secrètement fière de son pouvoir : être capable d'agir dans son monde tel comme un homme le ferait.
Quel intérêt peut avoir pour nous, spectateurs du 21e siècle, cette fierté, si on excepte un mouvement d'admiration devant des tabous du passé ici brisés ?
Puis la séduction du texte d'Ibsen réside dans le non-dit, plus sur ce qui est donné à voir sur scène.
Nora, la petite épouse électrique et ravissante, dédiée à son bonheur familial, a l'air d'une enfant gâtée et égoïste, n'ayant que son bonheur plein la bouche quand elle revoit une amie après une dizaine d'années. Cette amie, Kristine, semble l'antithèse de Nora : opaque, amère, accablée par un destin malheureux ; elle apparaît chez Nora pour demander un emploi. L'arrivée de Kristine déclenche une série d'événements qui précipiteront Nora sur le fil de son rasoir imaginaire: sa fierté, le moteur de sa vie conjugale, peut s'écrouler.
Le mari, Torvald, à mi-chemin entre le stéréotype masculin de l'homme riche et de modèle moral, immaculé comme le décor tout blanc et pur de sa maison, traite sa femme comme une enfant capricieuse à qui il faut inculquer justesse et la rigueur. C'est pourquoi il lui interdit de manger des macarons. Ce petit plaisir-là semble, en effet, le seul moment où les personnages --Nora et le Dr. Rank, un ami du couple-- jouissent d'une totale liberté hors les chaînes de cette morale nordique qui prône l'utilité.
Le décor évolue au long de la pièce et passe d'une maison très propre et apparemment banale à une chambre vide dont les murs semblent être faits de cauchemars gris-tempête ; les meubles disparaissent progressivement à l'instar des illusions de notre héroïne sapées par les événements. À la fin, n'ayant où se cacher, le couple devra se regarder en face, sans mensonges ni faux espoirs. La conséquence sera radicale.
Les choix du metteur en scène Stéphane Braunschweig ne dévoilent pas le tumulte intime des personnages ; ils soulignent seulement les moments de plus forte tension.
Ce n'est pas un spectacle pour celui qui cherche l'étonnement ou s'émerveiller face une épiphanie. C'est un spectacle pour celui qui réfléchit à ces petits détails qui peuvent tout changer dans la façon de mener une vie.
Quel intérêt peut avoir pour nous, spectateurs du 21e siècle, cette fierté, si on excepte un mouvement d'admiration devant des tabous du passé ici brisés ?
Puis la séduction du texte d'Ibsen réside dans le non-dit, plus sur ce qui est donné à voir sur scène.
Nora, la petite épouse électrique et ravissante, dédiée à son bonheur familial, a l'air d'une enfant gâtée et égoïste, n'ayant que son bonheur plein la bouche quand elle revoit une amie après une dizaine d'années. Cette amie, Kristine, semble l'antithèse de Nora : opaque, amère, accablée par un destin malheureux ; elle apparaît chez Nora pour demander un emploi. L'arrivée de Kristine déclenche une série d'événements qui précipiteront Nora sur le fil de son rasoir imaginaire: sa fierté, le moteur de sa vie conjugale, peut s'écrouler.
Le mari, Torvald, à mi-chemin entre le stéréotype masculin de l'homme riche et de modèle moral, immaculé comme le décor tout blanc et pur de sa maison, traite sa femme comme une enfant capricieuse à qui il faut inculquer justesse et la rigueur. C'est pourquoi il lui interdit de manger des macarons. Ce petit plaisir-là semble, en effet, le seul moment où les personnages --Nora et le Dr. Rank, un ami du couple-- jouissent d'une totale liberté hors les chaînes de cette morale nordique qui prône l'utilité.
Le décor évolue au long de la pièce et passe d'une maison très propre et apparemment banale à une chambre vide dont les murs semblent être faits de cauchemars gris-tempête ; les meubles disparaissent progressivement à l'instar des illusions de notre héroïne sapées par les événements. À la fin, n'ayant où se cacher, le couple devra se regarder en face, sans mensonges ni faux espoirs. La conséquence sera radicale.
Les choix du metteur en scène Stéphane Braunschweig ne dévoilent pas le tumulte intime des personnages ; ils soulignent seulement les moments de plus forte tension.
Ce n'est pas un spectacle pour celui qui cherche l'étonnement ou s'émerveiller face une épiphanie. C'est un spectacle pour celui qui réfléchit à ces petits détails qui peuvent tout changer dans la façon de mener une vie.
Laura Schichvarger
participante à l'atelier du 28 novembre 2009 autour du spectacle Une maison de poupée
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