Impressions superficielles
Quelles remarques partielles, périlleuses et radicalement subjectives.
Partielles, puisque je n'ai assisté qu'au début de la pièce, ce qui ne correspond même pas au tiers de cette pièce !
Périlleuses, par essence, en effet il s'agit d'une saga familiale marquée par de multiples péripéties, dont j'ai manqué la majeure partie, ayant fait le pari très hasardeux que le début du spectacle n'apporterait guère de changements notables.
Radicalement subjectives, il s'agit du compte rendu d'une personne restée étrangére, extérieure au texte, au jeu des acteurs, à la sobriété de la mise en scène .
Quelles peuvent en être les raisons ?
Cela me paraît du, tout d'abord, au sentiment d'être devant un texte linéaire, plat, sans réelle invention, joué par des acteurs hiératiques, le plus souvent en position frontale pour solliciter de façon artificielle le spectateur. En conséquence, il s'en est suivi, un vaste ennui.
Il y a ensuite, la conception que je me fais du théâtre, j'en attends qu'il me réveille,me provoque, m'étonne. Or j'ai eu affaire à un ronronnement de bon aloi qui endort l'esprit critique, en faisant intervenir une recherche familiale sur fond de guerre.
Pour terminer, j'ai recherché les articles critiques concernant cette pièce pour contre-balancer mon opinion. Elles relèvent pour la quasi totalité de l'émotion, de l'empathie que provoque ce spectacle consensuel, ce conte pour adulte qui ne dérange qu'en surface alors même que nous sommes confortablement assis sur nos certitudes.
Quelques esprits chagrins auront beau jeu de voir dans ce "ressenti" le goût de la provocation pour la provocation, je ne peux que démentir sans convaincre, preuve une nouvelle fois que la vérité est multiple.
Chantal Cazamian
participante à l'atelier de critique théâtrale des 25 et 29 octobre 2008 autour d'Incendies de Wajdi Mouawad dans la mise en scène de Stanislas Nordey