Théâtre politique : théâtre spaghetti.

Publié le par Théâtre National de la Colline

Hier soir, je suis allée au théâtre. Eh ouais, ça m’arrive. Au Théâtre de la Colline même, voir Gênes 01. Ne me demandez pas pourquoi, je ne sais pas trop. Je n’étais même pas sûre d’avoir compris le communiqué de presse en arrivant. Mais pas besoin de se justifier pour aller se cultiver, il est aussi nécessaire de se laisser étonner, balader. Et c’est justement ce qui s’est passé : je me suis faite balader. Il m’a fallu dépasser le fait que mon voisin n’avait pas croisé de savon depuis 72 heures et que la rangée précédente était peuplée d’adolescents biactolés, mais je me suis faite baladée. Pas trop le choix en fait.

La scène est un bordel de tables, d’écrans, de parabole et de consoles. A gauche, un guitariste commence à jouer tandis qu’un semblant d’ingénieur son s’affaire à son ordinateur. Les images défilent : un corps est écrasé par un véhicule de police, en boucle. Ce corps, c’est celui de Carlo Giulani, jeune homme tué lors des manifestations annexes au G8 de Gênes, en 2001. Jour après jour, le texte de l’auteur italien Fausto Paravidino déroule le fil de ces événements, pour en arriver inéluctablement à cette mort. Cinq acteurs, cinq voix s’y mettent, criant, parlant, nous laissant peu respirer au milieu de la violence des mots, des images. On m’avait promis une démonstration, je me retrouve engluée dans les sentiments, où sont accusés en bloc les dirigeants politiques orgiaques, les carabiniers fascistes, les médias sensationnalistes, les anarchistes Black Blocs infiltrés.

La lumière se rallume et je ne suis pas convaincue, pas « intellectuellement satisfaite ». Les adolescents sont déjà partis et le public gaucho s’auto-congratule. Moi je viens de découvrir le théâtre politique, le plaisir d’un théâtre qui refuse l’indifférence, qui oblige le parti pris. Je me suis faite balader et ce n’était pas inutile.


Alix Bayle
Etudiante au CELSA - Ecole des Hautes Etudes en Sciences de l'Information et de la Communication de l'Université Paris IV

article rédigé à la manière du blog

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