Gênes 01 : cacophonie de la pensée unique
Quand la chronique d’une mort annoncée aux allures de tragédies grecques n’est plus qu’un procès à charge contre quelques puissants, la mise en scène de Victor Gauthier-Martin perd toute portée artistique.
« Pour votre sécurité, cette salle est sous-vidéo surveillance » : la pièce réactive le mythe du Big Brother pour mieux anesthésier l’esprit critique du public. Ambiance oppressante et violence des images, pour dire maladroitement la régression de nos démocraties en des Etats fascistes qui envoient leurs jeunesses à la mort. Face à quelques puissants grotesques, le metteur en scène érige au rang de politique un mouvement sans projet qui dit non sans dire oui à rien. Du moins la mise en scène brouillonne et caricaturale le rend-elle aussi inaudible que les médias qu’il dénonce. Inégalités, dérives du politique et malaise d’une génération : à vouloir tout dire le texte perd de sa force. Ne reste que l’émotion légitime de l’auteur, Fausto Paravidino, génois trentenaire touché par la mort d’un jeune homme. Le public n’en tirera lui qu’une pédagogie pesante de l’altermondialisme, et une reconstitution fastidieuse des événements heure par heure. La pièce échoue à trouver l’universel dans un événement qui, bien que tragique, ne dit ici rien des réels enjeux de notre époque.
Alexia Eychenne
Etudiante au CELSA - Ecole des Hautes Etudes en Sciences de l'Information et de la Communication de l'Université Paris IV
Master 1Information et Communication Spécialité Journalisme
photo / Copyright : G. Avenel