La tragédie regênérée

Publié le par Théâtre National de la Colline

Quand le théâtre s’éprend de l’Histoire, le résultat peut être époustouflant. Juillet 2001, Gênes se transforme en ville exemplaire pour accueillir les membres du G8, mais devient très vite la scène d’évènements sanglants. La violente répression des manifestations altermondialistes provoque la mort d’un jeune innocent. Gênes 01 s’ouvre sur ces tragiques images.

Avec Fausto Paravidino, auteur de la pièce, le théâtre politique trouve enfin un nouveau souffle. Le jeune Italien pose les bases de la tragédie moderne, où la fatalité est annoncée d’emblée, et développée avec un sens aigu de la dramatisation. Avec beaucoup de justesse, le metteur en scène français Victor Gauthier-Martin illustre ce compte à rebours sanglant. Pour servir la modernité, il convoque une mise en scène particulièrement originale, surprenante et pertinente. Victor Gauthier-Martin joue la carte du multimédia et des nouvelles technologies avec une aisance dont beaucoup devraient s’inspirer. De véritables trouvailles visuelles viennent ainsi servir le texte et ses enjeux. Qui n’a pas été agréablement surpris par ce jeu des caméras, qui construit et déconstruit sous les yeux du public les techniques actuelles des médias… ?

Mais la mort du jeune altermondialiste n’est qu’un prétexte à la tragédie moderne. Un prétexte à un véritable travail, une véritable mise en scène de la temporalité. Sous un semblant chronologique, l’auteur multiplie les ellipses et les digressions temporelles pour mieux explorer les ressorts de la dramatisation. Gênes 01 ou le théâtre moderne donc, voué à une cause contemporaine, et servie par un nouveau type de protagonistes. Les comédiens ne sont plus enfermés dans un rôle unique, mais sont amenés à être à la fois tout le monde et personne, les altermondialistes et les chefs d’Etat, Carlo Giuliani et Silvio Berlusconi.

Quand deux talents d’une nouvelle esthétique théâtrale se rencontrent, le résultat peut parfois être inquiétant. Il est ici bouleversant et renversant.

 

Lucie Souliac
Etudiante au CELSA - Ecole des Hautes Etudes en Sciences de l'Information et de la Communication de l'Université Paris IV - Master 1Information et Communication Spécialité Journalisme


Consigne appliquée : Eloge de Gênes 01

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G
Oulala!!!<br /> jusqu'où faut-il aller pour s'écouter parler?<br /> Ce texte m'a particulièrement choqué du fait que la personne qui l'a rédigé ne n'y connait vraisemblablement pas en théâtre. Lorsqu'on emploie des expressions telles que "un sens aigu de la dramatisation", "technique actuelles des médias", ou encore "le théâtre moderne", on s'attend à ce que l'auteur justifie, exmplique le sens de ces mots. <br /> Seulement, ces derniers ne veulent rien dire dans ce cas, et il est probable que celui qui les a écrit ne sait pas de quoi il parle.<br /> Ce qui est autrement inquiétant, est que celui qui les a rédigés fera sans doute partie de ceux qui écrivent dans les journaux des papiers censés nous orienter dans nos choix culturels...<br /> Alors, s'il vous plaît, au lieu de faire des exercices d'écriture, comme si cette dernière seule suffisait pour faire passer un message, sachez de quoi il retourne, et faite non seulement attention à votre style, mais surtout au poids (c'est à dire au sens, à la protée,...) des mots que vous employez!!!<br /> merci.
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