Les Possédés envoûtent le Théâtre de la Colline
Le Collectif Les Possédés joue actuellement au théâtre de La Colline « Merlin ou la terre dévastée » de l’Allemand Tankred Dorst. Le pari : captiver le spectateur durant 3h40.
Merlin, Arthur et Excalibur. Arthur et les Chevaliers de la table ronde. La reine Guenièvre et Lancelot. Tout le monde connaît ces mythes historiques. Le Collectif Les Possédés, mené par Rodolphe Dana, propose une adaptation revue et corrigée de l’histoire des Chevaliers de la table ronde en adaptant l’œuvre de Tankred Dorst. Le spectateur suit pendant près de quatre heures l’épopée d’Arthur, de l’adolescent un peu gauche au roi d’envergure à la recherche du Graal. Au-delà des Chevaliers, la pièce traite de questions profondes telles que le Bien et le Mal, les relations père/fils, la vie et la mort, les sentiments amoureux. Tout tourne autour de l’utopie, matérialisée par la conquête du Graal. « Les personnages mythiques sont rendus humains » par l’auteur, selon Nadir Legrand, interprète de Mordret, le fils d’Arthur.
Plus coutumiers des auteurs comme Tchekhov ou Lagarce, le Collectif et ses douze acteurs s’attaquent à l’œuvre immense de 250 pages de l’auteur allemand qui est « ce que Shakespeare est à l’Angleterre ou Cervantès à l’Espagne ». « C’était notre volonté de se mettre plus en danger, de changer de registre » pour Rodolphe Dana. « Le texte est moins littéraire, plus physique, cela demande plus d’engagement » explique le metteur en scène qui interprète aussi le rôle de Merlin, le fils visionnaire du Diable dans la pièce.
A la manière des Monty Python
Les acteurs donnent de leur personne par leur jeu et embarquent les spectateurs. L’absence de décors et de coulisses, petite touche du Collectif, rappelle cependant que le spectateur est au théâtre. Les acteurs installent eux-mêmes les tables ou les chaises faisant office de seul décor, changent de costumes sur le côté de la scène à la vue de tous, se badigeonnent de liquide rouge avant la scène de combat. Tout est fait pour ramener le spectateur à la réalité tout en le sollicitant pour rentrer dans la pièce. Il doit faire marcher son imaginaire pour voir dans deux chaises côte à côte faiblement éclairées une chambre royale ou les marécages quand la scène n’est éclairée que par une lampe torche. Tout ces « trucs » plaisent au spectateur mais peuvent finir par lasser dans une pièce qui dure 3h40.
L’humour est très présent. « Le comique était déjà dans la pièce écrite par Dorst. On aurait fait un contre-sens si on n’avait pas transcrit ce comique dans notre jeu » affirme Rodolphe Dana. A la manière des Monty Python, ces comiques britanniques baignés dans le burlesque, les acteurs passe facilement de l’humour au tragique. Cet « équilibre tragi-comique est dans le texte » précise Rodolphe Dana.
Le pari est réussi : le spectateur est « possédé » par la pièce jouée par Les Possédés.
Audrey Alos
étudiante en Master 1 de Journalisme au CELSA